Indépendance énergétique

Page mise à jour le 13 février 2018

Chiffres clés

Ils nous sont donnés par un rapport du Datalab du Ministère de l’Environnement (février 2017).

La facture énergétique de la France est très dépendante du coût du pétrole très utilisé dans les transports.

Préalable : revoir les définitions des énergies primaire et finale.

La consommation d’énergie primaire en France, corrigée des variations climatiques, était de 256,7 Mtep en 2015 (en baisse après un pic à 274 Mtep en 2005), dont :

  • Électricité primaire non renouvelable (42,5 %). Correspond pour l’essentiel à la production nucléaire. Hydraulique issu du pompage, incluse.
  • Pétrole (30,1 %)
  • Gaz (14,2 %)
  • Énergies renouvelables (9,4 %) dont :
    • Bois-énergie (3,8 %)
    • Hydraulique renouvelable (1,8 %)
    • Biocarburants (1,2 %)
    • Éolien (0,7 %)
    • Déchets renouvelables (0,4 %)
    • Autres (1,5 %)
  • Charbon (3,3 %)
  • Déchets non renouvelables (0,5 %)

La consommation d’énergie finale, corrigée des variations climatiques, était de 162,2 Mtep en 2015, dont :

  • Résidentiel et tertiaire : 41,2 % (en hausse)
  • Transports : 30,5 % (en hausse)
  • Industrie (sidérurgie incluse) : 17,5 % (en baisse)
  • Agriculture : 2,8% (stable)
  • Usages non énergétiques : 8,0 % (pétrochimie)

Charbon

  • Production française : 60 Mt en 1958, 0,3 Mt aujourd’hui
  • Consommation : 13,6 Mt => importée à 98 %

Pétrole

  • Production française : 0,8 Mt en 2015
  • Importation nette : 78,9 Mt
  • Consommation finale : 73,1 Mt (dont 62% pour les transports – à noter qu’on lit 75 % dans le rapport)

Gaz

  • Production française : 0 Mt depuis quelques années
  • Consommation primaire : 473,9 TWh en 2015
  • Consommation finale : 401,5 TWh en 2015

Électricité

  • Production brute : 568 TWh en 2015 (546 TWh en 2015, 546 TWh en 2016, selon RTE), dont (chiffres 2016 de RTE entre parenthèses) :
    • Nucléaire : 77,0 % (72,3 %)
    • Thermique classique : 7,3 % (8,7%)
    • Hydraulique : 10,7 % (12 %)
    • Renouvelable : 5,0 % (7,1 %)
  • Solde des échanges avec les pays voisins : 64 TWh en 2015, 39 TWh en 2016
  • Consommation finale d’électricité (corrigée des variations climatiques) : 432,9 TWh dont
    • Résidentiel et tertiaire : 69 %
    • Industrie (sidérurgie incluse) : 28 %

58 réacteurs REP mis en service entre 1970 et 2000. Trois puissances nominales : 900 MW pour les plus anciens, 1450 MW pour les derniers. 1300 MW pour les autres. La production électronucléaire permet à la France de disposer d’un taux d’indépendance énergétique parmi les plus élevés de l’Union européenne (55 %)*. L’essentiel des importations énergétiques proviennent des hydrocarbures (pétrole et gaz) utilisés pour les transports et l’habitat-tertiaire.

(*) Le taux d’indépendance énergétique est le rapport entre la production nationale d’énergies primaires (charbon, pétrole, gaz naturel, nucléaire, hydraulique, énergies renouvelables) et la consommation en énergie primaire, une année donnée. Sur un total de 256,7 Mtep de ressources primaires consommées par la France, on compte dans la production nationale : nucléaire (114,0 Mtep), énergies fossiles (1,8 Mtep), énergies renouvelables (24,7 Mtep). Soit 140,5 Mtep (54,7%). On notera que :

  • l’énergie primaire nucléaire est considérée comme étant une production nationale ;
  • seulement 30% de cette énergie est convertie en énergie finale, ce qui n’est pas le cas pour les autres énergies.

Si l’on se place du point de vue énergie finale, sur les 162,2 Mtep consommés, on peut prendre en compte dans la production nationale : 15,5 Mtep d’énergie renouvelable et 77 % de l’électricité (celle d’origine nucléaire), soit 28,6 Mtep. En tout, cela fait 27 % d’indépendance énergétique.

Énergies renouvelables

La directive 2009/28/CE, relative à la promotion des énergies renouvelables, fixe à la France un objectif de 23% d’énergie produite à partir de sources renouvelables dans la consommation finale brute d’énergie à l’horizon 2020. En 2015, cette part s’élève à 14,9 % (22,8 Mtep/162,2 Mtep sont plus près de 14 % mais l’ordre de grandeur est là).

Les 22,8 Mtep se répartissent de la manière suivante :

  • Bois-énergie : 9,1 Mtep
  • Hydraulique renouvelable : 4,7 Mtep
  • Biocarburants : 2,6 Mtep
  • Pompes à chaleur : 1,8 Mtep
  • Éolien : 1,8 Mtep
  • Déchets urbains renouvelables : 1,1 Mtep
  • Solaire thermique et photovoltaïque : 0,7 Mtep
  • Biogaz : 0,6 Mtep
  • Résidus agricoles : 0,2 Mtep
  • Géothermie : 0,2 Mtep

Uranium

Le minerai d’uranium est appelé uraninite ou pechblende. Les cinq plus gros producteurs au monde sont le Kazakhstan, la Canada, l’Australie, le Niger et la Namibie. À proximité des mines, il est concentré sous forme de yellowcake (0,7 % d’uranium 235). Il est ensuite enrichi par diffusion gazeuse ou centrifugation pour pouvoir être utilisé dans les centrales.

L’extraction de roches riches en uranium peut être faite dans des mines à ciel ouvert ou en profondeur. L’uranium peut aussi être extrait par injection et récupération d’une solution dans les roches.

L’uranium est très répandu sur terre : présent dans toute l’écorce terrestre (surtout dans les sols granitiques et (sédimentaires ?)), à des teneurs de 2,7 g/t ; dans l’eau de mer (3,3 mg/m3) ; dans les eaux douces… Il n’est cependant pas économiquement récupérable partout.

Les réserves récupérables à un coût inférieur à 130 $ la tonne d’uranium sont évaluées à environ 6 000 Mt. En plus des cinq pays cités plus haut, la Russie, l’Afrique du Sud, le Brésil, les États-Unis et la Chine, sont dans le top 10 des pays où les réserves exploitables sont les plus abondantes.

En 2017, la production mondiale est proche de 60 000 tonnes, auxquels s’ajoutent 17 000 tonnes de ressources « deuxième main » : combustible retraité (MOX) ou militaire. La consommation stagne autour de 65 000 tonnes/an. Le cours du minerai a été divisé par deux en 2016.

Les réserves économiquement exploitables s’épuisent mais la quantité d’énergie extractible pourrait, théoriquement, être multipliée par 100, grâce aux surgénérateurs et au retraitement (fission de l’uranium 238, plus répandu que l’uranium 235).

Le MOX (Mélange d’OXydes), est un combustible nucléaire constitué d’environ 8,5 % de plutonium et 91,5 % d’uranium appauvri. Le plutonium est issu du traitement du combustible (uranium enrichi) une fois usé dans les centrales. L’uranium appauvri est celui qui reste après enrichissement. Le MOX est produit exclusivement par l’usine Melox d’AREVA, à Marcoule. Les deux autres usines (en Belgique et au Royaume-Uni) ont fermé.

Aucune centrale actuelle ne peut utiliser exclusivement du MOX. La majeure partie des réacteurs utilisant du MOX ont été conçues pour ne brûler que de l’uranium enrichi. En France, seuls une vingtaine de réacteurs (sur 58), sont autorisés à utiliser du MOX. Cela représente 10% de l’électricité nucléaire produite en France. Les EPR en construction ont été conçues pour brûler 100% de MOX.

Les déchets de MOX usagés sont plus compliqués à traiter et stocker que ceux du combustible classique.

La France dispose sur son territoire d’un stock d’uranium correspondant à 2 ans de production d’électricité. En comparaison, les réserves d’hydrocarbures représentent moins de 4 mois de notre consommation annuelle.

Bibliographie