Industrie nucléaire et sûreté

Page mise à jour le 15 mars 2018

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), est en France l’entité qui assure les missions, au nom de l’État, de contrôle de la sûreté nucléaire, de la radioprotection en France (travailleurs du nucléaire, environnement, populations locales) et de l’information des citoyens « pour protéger les travailleurs, les patients, le public et l’environnement des risques liés aux activités nucléaires » (Wikipedia). L’ASN est une Autorité Administrative Indépendante (AAI).

Pierre-Franck Chevet, président de l’ASN : l’homme à abattre pour le lobby de l’atome. (L’Express – janv. 2017). Interview aussi dans Libération le 3 mars 2016.

Areva en faillite, EDF en grande difficulté… la sûreté ne serait-elle pas menacée ? Ce sont des contrôles demandés par l’ASN qui ont révélé les problèmes sur la cuve de Flamanville puis sur les générateurs de vapeur de 18 réacteurs et la corrosion plus rapide que prévue des évaporateurs de l’usine UP3 de La Hague… pas des contrôles internes.

In fine, la question n’est-elle pas si, mais quand il y aura un accident majeur en Europe ? Réponse de P.-F. Chevet :  » Oui, il y en aura « .

L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), est l’expert français en matière de recherche et d’expertise sur les risques nucléaires et radiologiques (Wikipedia). L’IRSN est un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC).

Le Haut Comité pour la Transparence et l’Information sur la Sûreté Nucléaire (HCTISN), une instance d’information, de concertation et de débat sur les risques liés aux activités nucléaires (Wikipedia).

L’ASN, organisme indépendant et décisionnel, rend compte, quatre fois par an au Parlement. Il s’appuie sur l’expertise technique de l’IRSN.

Analyse de documents

Rapport sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2016

L’année 2016 a été parquée par :

  • 18 réacteurs potentiellement affectés par un excès de carbone dans les aciers des générateurs de vapeur. Les générateurs d’origine semblent avoir été changés dans les années 2000 (vérifié dans la Wikipedia pour Fessenheim 1 et 2). Dès la construction, des problèmes de corrosion étaient apparus sur ces composants (Sciences et Avenir – jan. 1977 et fév. 1978).
  • Des irrégularités datant de la fabrication de gros composants de réacteurs ont été mises en évidence à l’usine du Creusot. Ceux des fond de cuve et couvercles des EPR, par exemple. Anomalies dissimulées au client et à l’autorité de contrôle, suspicion de falsification de procès-verbaux de mesures ou d’examens…
  • On laisse de côté le domaine médical dont l’ASN est responsable aussi mais qui est hors sujet ici
  • Contexte préoccupant :
    • Enjeux de sûreté et radioprotection en augmentation sur la période 2017-2020, du fait de :
      • l’examen de la poursuite du fonctionnement des réacteurs de 900 MWe (avis de l’ASN attendu pour 2019) ;
      • le ré-examen des autres grandes installations du cycle du combustible et des réacteurs de recherche (usine de La Hague, plus particulièrement : corrosion des évaporateurs plus rapide que prévue à l’usine UP3) ;
      • les améliorations nécessaires suite à l’accident de Fukushima ;
      • les projets ou chantiers de nouvelles installations : EPR, Cigéo, réacteur Jules Horowitz et ITER prennent du retard ;
    • AREVA, EDF et CEA, premiers responsables de la sûreté de leurs installations connaissent des difficultés économiques ou financières ;
    • ASN et IRSN manquent de moyens.
  • EPR : conception avancée mais réalisation difficile
  • Protection des populations en cas d’accident : Extension, en 2016, de 10 à 20 km des plans particuliers d’intervention autour des centrales. Distribution de comprimés d’iodes dans la zone des 10 km. Les comprimés distribués en 2009 sont périmés.
  • Démantèlement : opérations complexes et plus longues que prévu. EDF a souhaité un décalage de plusieurs décennies pour le démantèlement des réacteurs UNGG (e.g. Brennilis). L’ASN a demandé à EDF de respecter le code de l’environnement.
  • Déchets : loi n°2016-1015 du 25 juillet 2016 : réversibilité du stockage de Cigéo, adaptation aux évolutions de politique énergétique (e.g. stockage en l’état des combustibles usés). Stockage régionaux des TFA. Anticipation de la saturation des capacités d’entreposage dans les centrales et piscines de La Hague.
  • Extension des pouvoirs de contrôle de l’ASN : protection contre les actes de malveillance.

Cuve de l’EPR de Flamanville

Concernant l’anomalie de la composition de l’acier du fond et du couvercle de la cuve du réacteur EPR de Flamanville, l’ASN a rendu son rapport le 11 octobre 2017 :

  • Mise en service non remise en cause sous réserve de la réalisation de contrôles spécifiques lors de l’exploitation de l’installation
  • La faisabilité de ces contrôles n’étant pas aujourd’hui acquise pour le couvercle, ce dernier ne peut être utilisé au delà de 2024.

Niveau 2 du cours

 

Bibliographie