Linky : Réponses aux inquiétudes

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Le site de la Plateforme Opérationnelle Anti Linky (POAL) liste quinze raisons de refuser Linky. Vous trouverez ci-dessous des éléments de réponse contradictoires :

  1. Augmentation des factures en raison du manque de tolérance au dépassement de puissance. Il se peut que, si l’installation disjoncte souvent après le changement de compteur, l’abonnement n’était pas correctement dimensionné pour la puissance demandée… et ceci, même si le disjoncteur précédent ne réagissait pas. L’expérimentation a montré qu’environ 2% des foyers pouvaient être concernés. Aujourd’hui, ENEDIS certifie que les compteurs Linky sont réglés pour avoir les mêmes tolérances que les anciens compteurs. A noter que les compteurs électroniques actuels, qui équipent de nombreux foyers, ne sont pas moins tolérants que les compteurs électromécaniques.
  1. 700000 concentrateurs transmettant leurs données en GPRS EDGE. Leur dangerosité serait mise en évidence par l’étude du National Toxicology Program (NTP). Lisez l’article du Monde qui relate cette étude : ce sont les mobiles qui sont dangereux, pas les concentrateurs/antennes. Cessez d’utiliser votre téléphone, il est sans commune mesure plus dangereux que le compteur Linky. De plus, la puissance d’émission des concentrateurs ne sera pas beaucoup plus élevée que celle de vos téléphones portables, à la source, c’est à dire proche de leur antenne. Elle sera sans commune mesure avec la puissance des antennes relais des opérateurs de téléphonie. Une distance de 5 mètres entre le concentrateur et un lieu de vie semble avoir été accepté de manière consensuelle.
  1. Aucun avantage pour le consommateur. La figure ci-dessous illustre ce que vous pourrez visualiser sur le site de ENEDIS, une fois votre compteur posé. Il s’agit de la courbe de charge. Vous ne pourrez visualiser votre consommation d’un jour que le lendemain mais ceci vous permettra de vérifier l’adéquation entre votre abonnement (puissance souscrite, contrat heures creuses/pleines…) et votre consommation. Le niveau d’économies que pourront faire les consommateurs en consultant leur consommation, est sujet de controverse. L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME), pense que  l’impact sera positif.  Au départ du projet, il était prévu que le consommateur puisse suivre sa consommation en temps réel, grâce à un écran déporté. Le gain aurait été plus significatif car, comme l’a montré l’étude TicElec du CNRS à Sophia Antipolis, plus on est averti, moins l’on consomme. Malheureusement, cette fonctionnalité, basée sur un émetteur radio (ERL – voir plus loin) est optionnelle et payante.
    Puissance moyenne consommée au cours d'une journée (en kW)Source forum BDPV

    Puissance moyenne consommée par un foyer le 12 janvier 2017 (en kW)
    Courbe de charge par pas de 30 minutes – Source : Forum BDPV

    Le principal intérêt des compteurs intelligent est plutôt pour le gestionnaire. Ils lui permettront de mieux maîtriser son réseau (notion de smart grid). La montée en puissance des énergies renouvelables au détriment du nucléaire, nécessite de s’adapter. Le temps des « heures creuses » fixes, – pour chauffer les ballons d’eau chaude par exemple -, est bientôt révolu. Le tarif s’adaptera non seulement en fonction de la consommation du pays comme aujourd’hui, mais aussi de la production et ce, peut-être localement. On peut concevoir que, dans quelques années, certains équipements (ballons d’eau chaude, lave vaisselle, lave linge et sèche linge) fonctionneront lorsque le temps sera ensoleillé (photovoltaïque) ou lorsqu’il y aura du vent (éolien). Ceci se fera automatiquement à travers les signaux reçus du compteur. C’est l’intérêt général qui est ici en jeu. Complément d’information dans un article du Monde de l’Énergie.

  1. Utilisation du CPL. Le CPL utilisé par Linky génère très très peu d’énergie électromagnétique. La phrase « le CPL rayonne dans un rayon de deux mètres » ne veut absolument rien dire du point de vue scientifique. Le CPL rayonne bien au delà. C’est la puissance du rayonnement reçu à une distance donnée qui importe. Quand vous collez votre oreille à votre téléphone portable, vous êtes incomparablement plus exposé !  Pour plus d’explications, lire plus loin. L’auteur du texte de POAL, cite ensuite le non-lieu prononcé en mars de l’année dernière par la justice dans l’affaire du vaccin de l’hépatite B. Il avait été recensé une soixantaine de victimes potentielles dont neuf décès. Des études ont conclu qu’il n’existe pas de lien avéré entre maladies démyélinisantes et le vaccin. Deux mois plus tard, un autre tribunal a donné raison à une auxiliaire de puériculture de l’Isère qui imputait sa maladie musculaire à sa vaccination contre l’hépatite B. Dont acte. Mais ceci dit, faute d’être vaccinées, 280000 personnes âgées de 18 ans et plus sont aujourd’hui atteintes d’une infection chronique par le virus de l’hépatite B et 1500 en meurent chaque année !! Que choisissez-vous ?
  1. Risque d’incendie très élevé. Les phases d’expérimentation sont faites pour tester le matériel avant de le déployer à grande échelle. La cause des 8 incendies qui se sont produits durant la phase d’expérimentation, a été identifiée. Il s’agissait de connecteurs mal serrés (suite peut-être à un manque de formation des techniciens). Les incendies se seraient produits avec d’autres compteurs. De plus, on ne peut pas extrapoler comme le fait l’auteur du texte. Sur les 28 premiers vols d’Ariane, il y a eu 4 échecs. Pensez-vous que le programme aurait été un succès s’il s’était poursuivi avec un échec tous les sept vols en moyenne ?
  1. Les assureurs ont exclu de leurs contrats les risques liés aux ondes électromagnétiques. C’est exact mais il s ont pris cette décision dans le contexte de la téléphonie mobile. Les assurances n’ont pas pris de risque ;o)) Elles ont étendu l’exclusion à toutes les ondes électromagnétiques, par précaution.
  1. Discours bidon sur les économies d’énergie.
    On lit : « ENEDIS va faire des économies sur le dos du consommateur… par le biais du « Big Data » ». L’interview du président du directoire d’ENEDIS date peut-être un peu. La CNIL interdit à ENEDIS de vendre les données à des tiers sans notre accord explicite. Certes, il faudra être vigilant lors de la signature des contrats avec les producteurs d’électricité…
  1. Les collectivités locales sont propriétaires des réseaux d’ouvrages électriques – et donc responsables des dégâts occasionnés par eux. Ceci est faux. Voir la note d’analyse juridique du cabinet Ravetto Associés faite à la demande de la Fédération Nationale des Collectivités Concédantes et Régies (FNCCR). Il est clairement indiqué d’une part, que « la responsabilité de l’AODE – il s’agit de la commune – ne pourrait être engagée en cas d’incendie provoqué par un compteur Linky ou de troubles sanitaires dus aux ondes émises par le CPL… ». D’autre part que « si le fonctionnement des compteurs Linky compromettait la sécurité des personnes ou des biens, la responsabilité du GRD – il s’agit, en l’occurrence de ENEDIS -, pourrait être recherchée pour manquement aux obligations lui incombant de par la loi (entendue au sens large) et le Cahier des Charges. » On notera aussi ici que, comme dans d’autres départements, la quasi totalité des communes du Finistère a transféré la compétence de la distribution publique d’électricité à un syndicat (Syndicat Départemental d’Énergie et d’Équipement du Finistère – SDEF). Seule Brest Métropole n’adhère pas à ce syndicat, pour le moment.  Les associations de lutte contre Linky réfutent l’analyse du cabinet Ravetto, notant au passage que ce cabinet est l’un des conseils de la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE). La contre analyse présente, à mon avis, plusieurs erreurs d’interprétation (sur les Conditions Générales de Vente d’EDF, par exemple).
  1. Piratage aisé. Certes, aucun système informatique n’est inviolable à plus ou moins long terme. Mais le chiffrement choisis, AES-128, non cassé à ce jour, est actuellement l’un des plus utilisé pour sécuriser les transactions en ligne, les communications sans fil et le stockage des données sensibles. Selon des chercheurs français et belges, qui ont trouvé une méthode permettant de raccourcir le temps de calcul par cinq pour craquer la clé de cryptage… il faudrait encore deux milliards d’années à un trillion (un milliard de milliards ?) de machines pouvant tester un milliard de clés par seconde pour arriver au résultat !! Il semble cependant exact que deux espagnols ont pu, après de longs mois, hacker un compteur semblable à Linky qu’ils avaient sous la main. Ils disent avoir pu lire la clé au moment de la mise en route du compteur et que celle-ci était identique pour tous les appareils. Etrange !
  1. Destruction d’emplois pour les techniciens. Voir l’intéressant débat qui a eu lieu entre Benoît Hamon et Manuel Valls, entre les deux tours de la primaire de la gauche. Manuel Valls et d’autres soutiennent qu’il n’y aura pas de diminution d’emplois en France dans les années qui viennent. Benoît Hamon pense le contraire. Les releveurs de compteurs vont bien disparaître… comme bon nombre de caissières de supermarché, de conducteurs de métro, d’employés de banque, d’agriculteurs, de facteurs, etc… Ma mère était téléphoniste aux PTT dans les années 50, avant la mise en place des auto-commutateurs. A l’inverse, d’autres métiers apparaissent. Mais quel sera le bilan création/disparition d’emplois dans 30 ans ? Doit-on freiner la robotisation pour maintenir des emplois à tout prix, ou diminuer le temps de travail ?
  1. Coupure du courant à distance. ENEDIS a affirmé que le passage « physique » d’un technicien aura toujours lieu avant la coupure de courant. UFC Que Choisir rappelle que la loi encadre clairement les procédures de coupure et de suspension de la fourniture d’électricité. Le décret n° 2008-780 du 13 août 2008 impose au fournisseur de faire deux courriers de rappel espacés d’au moins 15 jours, avant coupure pour défaut de paiement.
  1. cnilNon respect de la vie privée. C’est probablement le point le plus préoccupant. Il faudra rester vigilants. En novembre 2015, la CNIL a fixé plusieurs conditions pour que ce traitement de données à caractère personnel par ENEDIS réponde aux exigences de la loi n°78-17 du 6 janvier 1978. Les données ne pourront être consultées par la police qu’avec l’autorisation d’un juge, en dehors d’un état d’urgence… ce qui se fait déjà pour les écoutes téléphoniques, la géolocalisation des téléphones portables, les visites de sites Internet… En avril 2016, par un communiqué, la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), demandait un moratoire sur le déploiement des compteurs, en attendant que la CNIL vérifie la conformité de ceux-ci vis à vis de la protection de la vie privée. En octobre de la même année, par un autre communiqué, la LDH signalait avoir reçu des assurances de la part de la CNIL. Elle déplorait cependant le manque d’information des consommateurs par ENEDIS.
  1. Plus de 200 communes ont refusé l’installation du compteur. Le déploiement des compteurs Linky a fait l’objet d’une loi rappelée au début du présent article. Les conseils municipaux ne peuvent pas s’y opposer, comme l’a rappelé le préfet du Finistère. Dossier complet à lire sur le site de la municipalité de Douarnenez qui, dans un premier temps, avait souhaité un moratoire sur l’installation des compteurs en attendant la réponse de l’ANSES.
  1. La durée de vie de Linky n’est que de 10 à 15 ans, contre 40 environ pour les compteurs électroniques. Les compteurs électromécaniques, eux, seraient « garantis à vie ». Il est exact que le rapport de Cap Gemini a tablé sur une durée de vie de 15 ans pour les compteurs Linky. ENEDIS se base sur une durée de 20 ans.
  1. Ailleurs, dans le monde, en Europe ? Il n’est mentionné dans le texte, que les débuts « ratés » de l’Allemagne et du Saskatchewan. Il est exact que, dans cette province canadienne, le distributeur (SaskPower) a du retirer les 105 000 compteurs communicants qu’il avait installé, à la demande du gouvernement, suite aux incendies occasionnés par huit d’entre eux. Le remplacement doit redémarrer l’an prochain. Aucune information ne figure sur les pays qui ont entrepris et réussi le déploiement massif de leurs compteurs communicants : Suède, Italie (27 millions d’abonnés équipés depuis 2005), Finlande, Québec (3,6 millions)… L’Allemagne et le Canada sont peut-être des cas isolés.

D’autres inquiétudes sont invoquées ailleurs :

  • Le coût de remplacement des compteurs se traduira par une augmentation des factures, « comme au Québec ». Cette augmentation, non chiffrée dans les argumentaires, n’est peut-être pas liée à l’installation des compteurs. Le prix de l’électricité (et de l’énergie en général) varie énormément d’un pays à l’autre et ne pourra qu’augmenter dans le temps… et notamment en France où le prix du kWh est très bas en raison du programme électronucléaire commencé il y a une quarantaine d’années. Le problème, c’est que ce prix ne couvre pas tous les coûts : les études de conception des centrales ont été payées par le contribuable (CEA) ; l’approvisionnement pour le démantèlement des centrales et le traitement des déchets est insuffisant ; la construction des EPR est un gouffre financier que le contribuable et/ou le consommateur, devront combler un jour à moins d’un endettement.
  • Certains consommateurs ont indiqué que des appareils électriques, tels que des plaques de cuisson, ne fonctionnent plus après le changement de compteur. Selon ENEDIS, il s’agirait d’un dispositif de sécurité qui s’active au moment de la coupure d’alimentation. Il suffit alors de le débloquer et de faire redémarrer l’appareil.
  • D’autres consommateurs voient leurs lampes tactiles s’allumer et s’éteindre toutes seules. Dans un premier temps, ENEDIS a mis en cause les fabricants (chinois) de ces lampes qui ne respecteraient pas les normes européennes, malgré leur label CE ou NF. Selon 60 millions de consommateurs, ENEDIS ne parle plus de non-respect des normes depuis le mois d’octobre et travaille avec les fabricants pour trouver une solution au problème. ENEDIS met à disposition des consommateurs un numéro vert (0 800 054 659) afin que les consommateurs puissent faire part des dysfonctionnements observés sur leur installation électrique, suite au changement de compteur.